Entreprise en liquidation judiciaire : activer la garantie décennale malgré la disparition du constructeur

C'est l'un des scénarios les plus décourageants pour un propriétaire : les fissures s'installent, le courrier recommandé revient avec la mention « n'habite pas à l'adresse indiquée », et une recherche rapide révèle que l'entreprise a été placée en liquidation judiciaire. Beaucoup de dossiers s'arrêtent là, par conviction erronée que la garantie s'est éteinte avec la société.

Façade d'une maison individuelle récente avec une fissure verticale partant d'un angle de fenêtre, aucune personne dans le cadre
En bref

L'entreprise qui a construit chez moi a été liquidée : ma garantie décennale est-elle perdue ?

Non. La garantie décennale est attachée au chantier, pas à la survie de l'entreprise. Si une assurance décennale a bien été souscrite l'année des travaux, vous pouvez agir directement contre l'assureur, sans passer par le constructeur disparu, pendant les dix ans qui suivent la réception. Tout se joue sur deux points : retrouver le nom de cet assureur, et déclarer votre créance dans les deux mois de la publication de la liquidation au BODACC pour ne fermer aucune porte.

Une défaillance d'entreprise sur cinq concerne la construction

Ce n'est pas de la malchance individuelle. Le bâtiment est, en volume, le premier secteur touché par les procédures collectives en France, et cette position ne varie pas d'une année sur l'autre. Sur les douze mois arrêtés à fin mai 2026, la Banque de France recense 70 077 défaillances d'entreprises tous secteurs confondus, dont 14 368 dans la construction, soit un peu plus d'une sur cinq.

Ce chiffre a une conséquence pratique directe pour un propriétaire : sur une garantie décennale qui court dix ans, la probabilité que l'entreprise ait cessé d'exister avant la fin de la période n'est pas marginale, elle est structurelle. Un pavillon réceptionné en 2019 et fissuré en 2026 a statistiquement de bonnes chances d'avoir été construit par une société qui n'existe plus.

Le système d'assurance construction a précisément été conçu pour cela. L'obligation d'assurance décennale posée par l'article L.241-1 du code des assurances existe pour que la réparation ne dépende pas de la solidité financière du constructeur. Encore faut-il savoir actionner le bon interlocuteur, et le faire dans les délais. Ces dix ans partent de la réception des travaux, une date dont la portée est détaillée à propos de la garantie de parfait achèvement et de la décennale en maison neuve.

Défaillances d'entreprises en France, cumul sur douze mois

70 077Toutes activités confondues

Construction 14 368

En recul de 3,2 % sur un an, mais toujours le premier secteur en volume.

Autres secteurs 55 709

Commerce, hébergement-restauration, services et industrie.

1 sur 5

des défaillances relève de la construction

14 368

entreprises du bâtiment défaillantes en douze mois

10 ans

durée pendant laquelle la décennale reste due

Banque de France, statistiques des défaillances d'entreprises, cumul douze mois arrêté à fin mai 2026.

Sur la durée d'une garantie décennale, la disparition de l'entreprise est un scénario courant, pas une exception.

Pourquoi la garantie décennale survit à l'entreprise

La confusion vient d'un raccourci compréhensible : on associe la garantie à celui qui l'a promise. En droit de la construction, la garantie décennale de l'article 1792 du code civil pèse effectivement sur le constructeur, mais elle est doublée d'une obligation d'assurance qui, elle, engage un assureur pour toute la durée de la garantie et pour tous les chantiers ouverts pendant la période d'assurance.

L'article L.124-3 du code des assurances ouvre à la victime une action directe contre l'assureur de responsabilité. Concrètement, vous n'avez pas besoin d'obtenir d'abord une condamnation du constructeur pour pouvoir demander à son assureur de payer. C'est ce mécanisme qui rend le dossier viable malgré la liquidation : l'entreprise n'est plus là, l'assureur l'est toujours.

Une nuance importante mérite d'être posée d'emblée. Cette voie suppose qu'une assurance décennale ait réellement été souscrite au moment du chantier. Ce n'est pas automatique : le défaut d'assurance est une infraction, mais l'infraction n'indemnise personne. Les recours restants dans ce cas figurent plus loin dans cet article.

Le schéma ci-dessous montre par où la charge de la réparation transite lorsque le maillon central a disparu. La distinction entre les deux grands régimes d'assurance, celui du constructeur et celui de l'ouvrage, est développée dans le dossier comparant dommages-ouvrage et garantie décennale.

Illustration graphique d'une chaîne reliant une maison fissurée à un bouclier d'assurance, avec un maillon rompu contourné par un second trajet
La disparition de l'entreprise casse un maillon, pas la chaîne : la garantie reste attachée à l'ouvrage.
Trajet de la charge de réparation
Fissures constatéesDésordre relevant de la solidité ou de l'impropriété à destination, dans les dix ans de la réception.
Le constructeurVoie ferméeLiquidé, radié : la créance est gelée par la procédure collective. Aucune assignation en paiement n'est possible.
Son assureur décennalVoie ouverteAction directe, article L.124-3 du code des assurances. C'est la voie principale, ouverte pendant toute la durée de la garantie.
Votre dommages-ouvrageVoie ouverteSi elle a été souscrite, elle préfinance la réparation sans rechercher qui est responsable. Voie la plus rapide.
Garantie de livraison ou d'achèvementSous conditionsRéservée aux contrats de construction de maison individuelle et aux ventes en état futur d'achèvement, et seulement pour l'achèvement du chantier.
Réparation financéePar l'assureur, sans dépendre de la solvabilité de l'entreprise disparue.

Une seule branche est fermée par la liquidation : celle qui passe par le patrimoine de l'entreprise. Les branches d'assurance restent ouvertes.

Trajet de la charge de réparation lorsque le constructeur a disparu.

Liquidation : ce qui vous est interdit, ce qui reste possible

L'ouverture d'une procédure collective déclenche l'arrêt des poursuites individuelles. Vous ne pouvez plus assigner l'entreprise en paiement, ni faire exécuter un jugement obtenu avant, ni saisir quoi que ce soit. Cette règle est absolue et elle est souvent mal comprise : elle ne vous prive pas de vos droits, elle vous impose de les faire valoir dans le cadre de la procédure.

Le geste à ne pas manquer est la déclaration de créance. Elle s'adresse au mandataire liquidateur, dont le nom figure dans l'annonce publiée au BODACC, et elle doit être faite dans les deux mois suivant cette publication. Le montant recouvré au terme de la liquidation est presque toujours dérisoire, et beaucoup de propriétaires renoncent pour cette raison. C'est une erreur : la déclaration préserve votre qualité de créancier, elle vous rend destinataire des informations de la procédure, et elle facilite l'obtention des pièces d'assurance auprès du liquidateur.

En parallèle, rien ne vous empêche d'agir contre l'assureur. L'action directe n'est pas soumise à l'arrêt des poursuites, puisqu'elle ne vise pas le patrimoine du débiteur en liquidation. Il est même fréquent que l'assignation de l'assureur s'accompagne d'une mise en cause du liquidateur, pour que le jugement soit opposable à tous. À ce stade, l'arbitrage entre une expertise amiable contradictoire et une expertise judiciaire conditionne tout le calendrier qui suit.

Le calendrier ci-dessous superpose les trois horloges qui tournent en même temps. Elles n'ont ni le même point de départ ni la même durée, et c'est la plus courte qui piège les dossiers.

Trois horloges qui tournent en parallèle

Déclaration de créance : 2 mois
2 mois

Déclaration de créance

À compter de : Publication du jugement au BODACC

Passé ce délai, il faut demander un relevé de forclusion au juge-commissaire, dont l'obtention n'a rien d'acquis.

Réponse de l'assureur dommages-ouvrage : 60 jours
60 jours

Réponse de l'assureur dommages-ouvrage

À compter de : Réception de votre déclaration complète

Puis 90 jours pour formuler une offre d'indemnité. Le silence de l'assureur vous autorise à engager les dépenses et à être remboursé.

Garantie décennale : 10 ans
10 ans

Garantie décennale

À compter de : Réception des travaux

Le délai butoir. Il ne s'interrompt ni par la liquidation, ni par les échanges amiables : seule une action en justice ou une expertise judiciaire l'interrompt.

Les échanges de courriers avec un assureur n'interrompent pas le délai décennal. Si l'échéance approche, seule une assignation, y compris en référé expertise, sécurise le dossier.

Les trois délais à tenir simultanément dans un dossier de constructeur liquidé.

Retrouver l'assureur décennal : six pistes, de la plus simple à la plus longue

Toute la difficulté pratique tient dans une seule information : le nom de la compagnie qui assurait l'entreprise l'année du chantier. Sans elle, l'action directe reste théorique. Avec elle, le dossier bascule en quelques semaines.

Cette information existe presque toujours quelque part, parce que la loi impose depuis 2014 aux professionnels soumis à l'assurance obligatoire de mentionner sur leurs devis et leurs factures l'assurance souscrite, les coordonnées de l'assureur et la couverture géographique du contrat. Autrement dit, la réponse est peut-être déjà dans votre classeur de chantier, en bas d'une facture que personne n'a relue.

La planche ci-dessous classe les six pistes utilisables, avec la difficulté réelle de chacune. Elles ne s'excluent pas : dans un dossier bien mené, on les lance en parallèle plutôt qu'en série.

Illustration graphique d'une loupe posée sur un empilement de dossiers administratifs dont l'un ressort agrandi
Retrouver l'attestation, c'est retrouver l'assureur : elle circule dans plus de dossiers qu'on ne le croit.

Six sources à interroger pour identifier la compagnie qui couvrait l'entreprise l'année des travaux.

Vos devis et factures

Où chercher : Classeur de chantier, courriels, relevés bancaires

Immédiat

Depuis 2014, la mention de l'assurance et des coordonnées de l'assureur est obligatoire sur les devis et factures des professionnels soumis à l'assurance construction obligatoire.

L'attestation d'assurance décennale

Où chercher : Annexée au marché, au contrat ou remise avant chantier

Immédiat

Vérifiez surtout la date de validité : l'attestation doit couvrir l'année d'ouverture du chantier, pas l'année de sa signature.

Le mandataire liquidateur

Où chercher : Nom publié au BODACC avec le jugement de liquidation

2 à 8 semaines

Il détient les archives de la société, dont les contrats d'assurance. Une demande écrite motivée, accompagnée de votre déclaration de créance, aboutit souvent.

Le dossier de permis et la déclaration d'ouverture de chantier

Où chercher : Service urbanisme de la mairie

2 à 6 semaines

Sur une construction neuve, les pièces déposées mentionnent régulièrement les intervenants et leurs assurances.

Le notaire ou le vendeur

Où chercher : Acte de vente et pièces annexées

1 à 4 semaines

Si vous avez acheté après les travaux, les attestations décennales des entreprises sont normalement annexées à l'acte, avec les factures du chantier.

Le maître d'œuvre ou l'architecte

Où chercher : Dossier de suivi de chantier

Variable

Il a collecté les attestations de toutes les entreprises avant leur intervention et conserve ces pièces dans son dossier d'opération.

Une attestation d'assurance n'est pas une preuve de couverture : elle prouve qu'un contrat existait à une date donnée. C'est l'assureur qui confirme, contrat en main, que le chantier entre dans le champ garanti.

Planche de recherche utilisée pour identifier l'assureur décennal d'une entreprise disparue.

Quand aucune assurance n'a jamais été souscrite

C'est le cas le plus difficile, et il n'est pas rare : une entreprise fragile financièrement est aussi une entreprise qui a pu laisser filer ses primes d'assurance. Le défaut d'assurance décennale est pourtant une infraction pénale prévue par le code des assurances, mais la sanction frappe le professionnel sans indemniser la victime.

Dans cette configuration, l'ordre d'examen des solutions change complètement. On ne cherche plus un assureur de responsabilité, on cherche une garantie attachée au contrat ou au bien, puis, à défaut, une responsabilité personnelle solvable. Les quatre pistes ci-dessous doivent être examinées dans cet ordre. En VEFA, l'ordre change encore, puisque le promoteur reste tenu des réserves signalées à la livraison même lorsque l'entreprise ayant exécuté le lot a disparu.

Le repli le plus efficace reste l'assurance dommages-ouvrage lorsqu'elle existe, parce qu'elle préfinance la réparation sans identifier de responsable. Sa logique et ses limites sont détaillées dans le dossier consacré à la déclaration de sinistre étape par étape.

Chantier de maison individuelle à l'arrêt depuis des mois, échafaudage partiel et herbes hautes au pied des murs, aucune personne dans le cadre
Quand le chantier s'arrête avant réception, ce n'est plus la décennale qui s'applique : le régime change entièrement.
Vous aviez un contrat de construction de maison individuelle
Le contrat de construction de maison individuelle impose au constructeur une garantie de livraison à prix et délais convenus. Elle est délivrée par un établissement financier ou une compagnie, distincte du constructeur, et se déclenche précisément en cas de défaillance de celui-ci. Elle finance l'achèvement de la maison, y compris le surcoût lié au changement d'entreprise. Elle ne couvre en revanche pas les désordres apparus après réception.
Vous avez acheté en état futur d'achèvement
La garantie financière d'achèvement souscrite par le promoteur joue le même rôle : elle assure que l'immeuble sera terminé malgré la défaillance. Passée la livraison, le relais est pris par la garantie de parfait achèvement, puis par la décennale du promoteur et des entreprises.
Une dommages-ouvrage a été souscrite pour le chantier
C'est la voie la plus courte. Elle intervient sans recherche de responsabilité, dans des délais encadrés, et se retourne ensuite elle-même contre les constructeurs et leurs assureurs. Vérifiez son existence auprès du notaire, du promoteur ou de la banque qui a financé les travaux : elle est parfois souscrite sans que le propriétaire s'en souvienne.
Il ne reste que la responsabilité personnelle du dirigeant
Une action contre le gérant est envisageable en cas de faute de gestion détachable, notamment lorsqu'il a fait travailler l'entreprise en sachant qu'elle n'était plus assurée. C'est une procédure longue, incertaine et coûteuse, dont l'intérêt dépend entièrement de la solvabilité réelle de la personne visée. Elle ne se lance qu'après avoir épuisé les autres voies.

Faire expertiser avant d'écrire, pas après

Dans un dossier ordinaire, on peut se permettre d'écrire d'abord et d'expertiser ensuite. Face à une entreprise liquidée, cet ordre est contre-productif. L'assureur que vous allez solliciter n'a jamais vu le chantier, n'a plus d'interlocuteur chez son assuré et va instruire le dossier uniquement sur pièces. La qualité technique de votre premier envoi détermine la suite.

Trois éléments doivent y figurer sans ambiguïté : la nature exacte du désordre et son caractère décennal, c'est-à-dire en quoi il compromet la solidité ou rend le bien impropre à sa destination ; le rattachement du désordre aux travaux de l'entreprise assurée, et non à une cause extérieure ; la date de réception, qui fixe le point de départ des dix ans. La frontière entre un désordre qui compromet la solidité et un simple défaut d'aspect décide à elle seule de l'application de la décennale, et elle se lit selon des critères qui séparent fissure structurelle et fissure esthétique.

Ces trois points sont exactement ce qu'un rapport d'expertise indépendant établit. La composition d'un rapport et sa portée réelle devant un assureur sont décrites dans le dossier sur le contenu et la valeur juridique d'un rapport d'expertise. Si l'assureur conteste malgré tout, la marche à suivre rejoint celle décrite pour contester un refus d'indemnisation.

Reste le cas où l'échéance décennale approche pendant que le dossier avance lentement. Les échanges amiables n'interrompent pas le délai. La seule parade est judiciaire, et elle est décrite dans le dossier sur l'assignation en référé expertise.

  • Réunir la date de réception, le devis, la facture et l'attestation d'assurance de l'année du chantier.
  • Faire constater et dater les désordres, avec relevés de mesures et non de simples photographies.
  • Vérifier au BODACC la date exacte du jugement de liquidation et l'identité du mandataire.
  • Déclarer la créance au liquidateur dans les deux mois, même pour un montant symbolique.
  • Adresser à l'assureur décennal une réclamation motivée, avec le rapport en pièce jointe.
  • Si le délai décennal expire dans moins de douze mois, engager sans attendre une action interruptive.

Les deux courriers qui débloquent le dossier

Tout le dossier tient sur deux envois en recommandé avec accusé de réception, adressés à deux destinataires différents et poursuivant deux objectifs distincts. Ils peuvent partir le même jour.

Le premier va au mandataire liquidateur. Il déclare la créance et, dans le même mouvement, demande la communication des contrats d'assurance de l'entreprise pour l'année du chantier. Ces deux demandes dans un seul courrier font gagner plusieurs semaines, parce que le liquidateur traite alors un seul dossier.

Le second va à l'assureur décennal, une fois identifié. Il ne s'agit pas d'une simple information mais d'une réclamation formelle au titre de l'action directe, qui doit indiquer clairement le fondement invoqué et joindre les pièces techniques. Les deux ossatures ci-dessous sont à adapter à votre situation, en conservant les mentions qui donnent au courrier sa portée juridique.

Enveloppe fermée, formulaire de suivi postal et dossier cartonné posés sur une table de bureau, aucune personne dans le cadre
Deux courriers suffisent à ouvrir le dossier, à condition qu'ils partent dans le bon ordre.

Au mandataire liquidateur

Objet : Déclaration de créance et demande de communication des contrats d'assurance

  • Rappel de votre qualité : propriétaire de l'ouvrage réalisé par la société, avec la date de réception des travaux.
  • Déclaration de créance au titre des désordres constatés, chiffrée si possible, à titre provisionnel sinon, en visant l'article L.622-24 du code de commerce.
  • Description sommaire des désordres et de leur date d'apparition.
  • Demande expresse de communication des attestations et contrats d'assurance de responsabilité décennale en vigueur à la date d'ouverture du chantier.
  • Pièces jointes : facture, devis, procès-verbal de réception, photographies datées.

À envoyer dans les deux mois de la publication au BODACC

À l'assureur décennal identifié

Objet : Réclamation au titre de l'action directe, article L.124-3 du code des assurances

  • Identification du chantier, du contrat et de la période de garantie concernée.
  • Exposé du caractère décennal du désordre : en quoi il compromet la solidité de l'ouvrage ou le rend impropre à sa destination.
  • Mention de la liquidation de l'assuré et de l'exercice de l'action directe contre l'assureur.
  • Demande de désignation d'un expert et de prise de position motivée dans un délai déterminé.
  • Pièces jointes : rapport d'expertise, attestation d'assurance, procès-verbal de réception, extrait BODACC.

À envoyer dès l'assureur identifié, sans attendre la clôture de la liquidation

Conservez les accusés de réception : ils datent vos démarches, mais ils n'interrompent pas le délai décennal, que seule une action en justice suspend.

Ossature des deux courriers à envoyer simultanément dans un dossier de constructeur liquidé.

Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

L'assureur peut-il refuser au motif que son assuré n'existe plus ?

Non. L'action directe prévue à l'article L.124-3 du code des assurances vous permet de vous adresser à l'assureur indépendamment du sort de son assuré. L'assureur peut en revanche opposer les exceptions tenant au contrat lui-même : primes impayées ayant entraîné la suspension de la garantie, activité déclarée ne couvrant pas les travaux réalisés, ou chantier ouvert hors période d'assurance.

Que se passe-t-il si je n'ai pas déclaré ma créance dans les deux mois ?

Votre créance est forclose dans la procédure collective, mais cela n'éteint pas votre action contre l'assureur décennal, qui reste ouverte pendant dix ans. Vous pouvez par ailleurs demander au juge-commissaire un relevé de forclusion si vous démontrez que votre défaillance n'est pas de votre fait, par exemple parce que vous ignoriez la procédure.

Comment savoir si une assurance dommages-ouvrage a été souscrite pour ma maison ?

Vérifiez l'acte de vente et ses annexes, interrogez le notaire qui a instrumenté l'achat, et demandez à la banque qui a financé la construction. Sur une vente intervenue moins de dix ans après l'achèvement, le vendeur devait vous transmettre l'attestation. Son absence dans le dossier ne prouve pas qu'aucun contrat n'existe.

La garantie de livraison couvre-t-elle les fissures apparues après l'emménagement ?

Non. La garantie de livraison d'un contrat de construction de maison individuelle finance l'achèvement de l'ouvrage et le surcoût lié au remplacement du constructeur défaillant. Les désordres postérieurs à la réception relèvent de la garantie de parfait achèvement la première année, puis de la garantie décennale.

Faut-il attendre la clôture de la liquidation avant d'agir contre l'assureur ?

Surtout pas. Une liquidation peut durer plusieurs années, pendant lesquelles le délai décennal continue de courir. L'action contre l'assureur est indépendante de la procédure collective et doit être engagée dès que la compagnie est identifiée.

Le sous-traitant qui a réalisé les travaux peut-il être mis en cause à la place ?

Le sous-traitant n'est pas tenu de la garantie décennale envers le maître d'ouvrage, avec lequel il n'a pas de lien contractuel. Sa responsabilité peut néanmoins être recherchée sur le terrain délictuel, en démontrant sa faute et le lien avec le dommage. Si son propre assureur est identifiable, cette voie mérite d'être explorée en parallèle.

Le fonds de garantie des assurances obligatoires peut-il intervenir ?

Il intervient lorsque c'est l'assureur lui-même qui est défaillant, pas lorsque l'entreprise assurée est liquidée. Une entreprise en liquidation dont l'assureur est solvable ne relève donc pas de ce dispositif : l'action directe contre la compagnie reste la bonne voie.

Zones d'intervention

Ce sujet vous concerne particulièrement si vous habitez ici

Secteurs d'Île-de-France les plus concernés par ce sujet.

Seine-et-Marne (77) Essonne (91) Val-d'Oise (95)