Mesures habituelles de prévention : la condition d'indemnisation que personne ne lit

La lettre arrive après plusieurs mois d'instruction et tient en une phrase : « les mesures habituelles destinées à prévenir ces dommages n'ont pas été prises ». Le dossier est complet, l'arrêté de catastrophe naturelle a bien été publié pour la commune, l'expert de la compagnie est passé, et pourtant l'indemnisation est refusée sur un motif que le propriétaire découvre à ce moment précis.

Pied de façade de pavillon francilien en meulière, descente d’eaux pluviales en zinc raccordée à un regard béton, terre argileuse craquelée par la sécheresse le long du soubassement, aucune personne dans le cadre
En bref

Que sont les « mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages » ?

Ce sont les gestes d'entretien qu'un propriétaire normalement diligent accomplit pour limiter un désordre prévisible : évacuation correcte des eaux pluviales, réseaux enterrés étanches, végétation maîtrisée à proximité des fondations, surveillance des fissures déjà connues. Ce ne sont pas des travaux de confortement : personne n'exige de vous des micropieux préventifs. La phrase figure à la fin de l'article L125-1 du code des assurances et forme la troisième condition de la garantie catastrophe naturelle, à côté du dommage matériel direct non assurable et de l'intensité anormale de l'agent naturel. Un arrêté publié pour votre commune ne satisfait que la deuxième. Depuis l'arrêt de la Cour de cassation du 12 février 2026, c'est à l'assuré qui demande l'indemnisation d'établir que ces mesures avaient été prises, ou qu'elles n'auraient pas empêché le dommage. Cette condition s'articule avec le régime d'indemnisation des fissures en catastrophe naturelle, dont elle constitue le dernier verrou.

Ce que dit vraiment la fin de l'article L125-1

La définition légale des effets d'une catastrophe naturelle tient en une seule phrase, et cette phrase pose trois exigences qui se cumulent. Les deux premières sont connues et rarement discutées. La troisième, placée en fin de phrase après une virgule, est celle qui fait échouer des dossiers pourtant recevables sur le reste.

Article L125-1 du code des assurances, alinéa de définition

Sont considérés comme les effets des catastrophes naturelles les dommages matériels directs non assurables1 ayant eu pour cause déterminante l'intensité anormale d'un agent naturel2, lorsque les mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages n'ont pu empêcher leur survenance ou n'ont pu être prises3.

Code des assurances, article L125-1

Dommage matériel direct non assurable

La fissure doit être un dommage matériel, direct, et relever d'un risque qu'aucun contrat classique ne couvre. Une fissure de sécheresse remplit cette condition sans difficulté particulière.

Qui le prouve L'assuré, par la description du désordre et les garanties de son contrat multirisque.

Intensité anormale de l'agent naturel

C'est l'arrêté interministériel qui l'établit pour la commune et pour la période concernée. Il ne dit rien de votre maison en particulier : il qualifie l'épisode, pas le sinistre.

Qui le prouve L'État, par la publication de l'arrêté au Journal officiel.

Mesures habituelles de prévention

Soit ces mesures ont été prises et n'ont pas suffi, soit elles n'ont pas pu être prises. Dans les deux cas la garantie joue. C'est l'absence non justifiée de ces mesures qui la fait tomber.

Qui le prouve L'assuré demandeur, depuis l'arrêt du 12 février 2026.

Les trois conditions se cumulent. Un arrêté publié pour la commune ne satisfait que la deuxième : il n'ouvre pas un droit automatique à indemnisation, il ouvre le droit de déclarer.

La nuance décisive est celle du « ou ». Le texte admet deux hypothèses favorables à l'assuré : les mesures ont été prises et se sont révélées insuffisantes, ou elles n'ont pas pu l'être. Une maison dont le propriétaire entretient correctement ses descentes d'eaux pluviales reste couverte même si le retrait du sol argileux fissure les murs. La garantie ne tombe que lorsque rien n'a été fait alors que quelque chose pouvait l'être, et que cette carence a joué un rôle dans le dommage.

C'est aussi pour cette raison que la non-reconnaissance d'une commune et le refus fondé sur les mesures de prévention sont deux problèmes différents, qui n'appellent pas les mêmes recours.

Qui prouve quoi depuis l'arrêt du 12 février 2026

Pendant des années, la pratique consistait à considérer que l'assureur invoquant l'absence de mesures habituelles devait la démontrer, comme toute exception opposée à une garantie acquise. La Cour de cassation a cassé cette lecture le 12 février 2026, en censurant un arrêt de la cour d'appel de Nîmes du 7 mars 2024 pour manque de base légale.

Lecture courante jusqu'en 2026

Côté assuré

Déclarer le sinistre dans les délais

Établir le lien avec l'épisode reconnu

Chiffrer les désordres

Côté assureur

Démontrer la carence de prévention

Établir son rôle dans le dommage

Motiver le refus pièce par pièce

L'assureur qui refusait devait construire la démonstration. Un refus non étayé se retournait facilement contre lui.

Depuis l'arrêt du 12 février 2026

Côté assuré

Tout ce qui précède

Établir que les mesures ont été prises

Ou qu'elles n'auraient rien empêché

Côté assureur

Soulever la condition légale

Discuter les pièces produites

L'assuré qui demande l'indemnisation supporte la preuve de la troisième condition. Un dossier d'entretien vide devient un handicap réel.

Cassation, deuxième chambre civile, 12 février 2026, pourvoi n° 24-15.504 : la cour d'appel avait statué sans rechercher si les mesures habituelles avaient effectivement été prises, ou si, ayant été prises, elles n'avaient pu empêcher la survenance des dommages.

La portée pratique est considérable. Le propriétaire qui n'a jamais conservé une facture d'élagage, un rapport de passage caméra sur ses canalisations ou une photo datée de ses regards se retrouve dans l'impossibilité de démontrer ce que la loi lui demande désormais de démontrer. Ce n'est pas un problème de mauvaise foi : c'est un problème d'archives.

L'inverse est vrai aussi. Un dossier de prévention correctement tenu transforme ce motif de refus en argument de l'assuré, et permet de basculer la discussion sur le terrain technique du lien de causalité, où un avis contradictoire face à l'expert de la compagnie pèse beaucoup plus lourd.

Les mesures que l'assureur regarde réellement

La formule légale est volontairement générale, mais la pratique de l'expertise l'est beaucoup moins. Cinq familles de mesures reviennent systématiquement dans les rapports d'expertise sécheresse, et chacune se prouve par une pièce précise. Le tableau mental à garder est simple : ce que l'expert regarde sur place, et ce que vous pouvez lui opposer par écrit.

Pied de descente d'eaux pluviales en zinc débouchant dans un regard béton au ras d'un mur de soubassement en meulière, terre argileuse craquelée autour du regard, aucune personne dans le cadre
Le point de contrôle le plus fréquent en expertise sécheresse : le raccordement du pied de descente au réseau enterré, au contact direct du sol de fondation.

Évacuation des eaux pluviales

150 à 400 € par intervention

Une descente qui déverse au pied du mur crée une alternance locale de gonflement et de retrait bien plus violente que le cycle saisonnier naturel. C'est le premier reproche formulé dans les rapports défavorables.

Ce que l'assureur regardeRaccordement effectif des descentes au réseau, état des regards, absence de rejet libre contre le soubassement, pente du terrain fini.

La preuve qui tientFacture d'entretien ou de reprise du réseau, photos datées des regards ouverts, rapport de passage caméra.

Étanchéité des réseaux enterrés

250 à 600 € pour un passage caméra

Une canalisation d'évacuation fuyarde alimente le sol en eau toute l'année, puis la fuite est présentée comme la cause déterminante des désordres, ce qui exclut l'épisode de sécheresse du raisonnement.

Ce que l'assureur regardeTraces d'humidité localisées, hétérogénéité du tassement le long du tracé, ancienneté des canalisations en grès ou en fonte.

La preuve qui tientInspection vidéo datée avec compte rendu, test à la fumée ou essai d'étanchéité, devis et facture de chemisage.

Maîtrise de la végétation proche

300 à 1 200 € pour un élagage

Un sujet arboré à faible distance prélève dans le sol argileux un volume d'eau considérable en période sèche. L'assureur y voit une cause étrangère commode, parfois à tort quand l'essence et la distance ne le justifient pas.

Ce que l'assureur regardeEssence, hauteur, distance au nu du mur, présence de racines dans les fouilles ou les regards, historique d'élagage.

La preuve qui tientFactures d'élagage ou d'abattage datées, photos annuelles du jardin, plan coté des distances.

Écoulement des eaux de surface

80 à 150 € le mètre linéaire drainé

Une terrasse en contre-pente, un enrobé qui renvoie l'eau vers la maison ou un massif planté collé à la façade concentrent l'infiltration exactement là où le sol doit rester le plus stable.

Ce que l'assureur regardeSens de la pente des surfaces minérales, présence d'un dispositif de collecte, distance des massifs arrosés au soubassement.

La preuve qui tientPhotos avant et après reprise de pente, devis de drainage, plan de l'aménagement extérieur.

Surveillance des fissures connues

20 à 60 € par témoin posé

Un désordre déjà présent avant l'épisode et laissé sans suivi devient l'argument principal du refus : l'assureur soutient que le dommage préexistait et qu'aucune mesure conservatoire n'a été prise.

Ce que l'assureur regardeAntériorité visible des reprises d'enduit, absence de tout relevé, discordance entre le récit du propriétaire et l'état des lieux.

La preuve qui tientRelevés de fissuromètre datés, photos avec réglet et date, constat d'huissier, rapport d'expertise antérieur.

Aucune de ces mesures n'est un travail de confortement. La loi vise l'entretien qu'un propriétaire normalement diligent accomplit, pas la reprise en sous-œuvre ni l'injection de résine, qui relèvent de la réparation du dommage et non de sa prévention.

Fourchettes indicatives constatées en Île-de-France pour une maison individuelle, hors cas particuliers d'accès difficile.

La cinquième ligne mérite une attention particulière parce qu'elle se prépare seule et coûte presque rien. Un jeu de témoins posé et relevé deux fois par an constitue exactement le type de preuve que la nouvelle répartition de la charge appelle : il documente l'état antérieur, la cinétique, et la coïncidence avec l'épisode reconnu. La pose de témoins et le suivi au fissuromètre valent, dans un dossier CatNat, bien davantage que leur prix.

Sur le volet végétation, la lecture du dossier gagne à distinguer ce qui relève de l'entretien courant et ce qui relève d'une responsabilité liée aux arbres et à leur distance aux fondations, notamment lorsque le sujet en cause appartient au voisin.

Le verrou supplémentaire des maisons autorisées depuis 2024

L'ordonnance du 8 février 2023 a ajouté à l'article L125-1 une exclusion qui n'existait pas et qui produit ses premiers effets sur les constructions récentes. Elle ne concerne ni les maisons anciennes ni les rénovations, mais elle change radicalement la donne pour un pavillon neuf en zone argileuse.

Effet de la date de dépôt du permis de construire

1er janvier 2024 Permis déposé avant Permis déposé à compter de cette date Exclusion de dix ans à compter de l'achèvement en cas de méconnaissance des règles ELAN

Régime inchangé

Maison individuelle autorisée avant le 1er janvier 2024

La garantie catastrophe naturelle s'applique dans les conditions habituelles, sous réserve des trois conditions de l'article L125-1.

Régime inchangé

Maison autorisée depuis 2024, étude de sol réalisée et prescriptions suivies

Le respect des règles issues de la loi ELAN écarte l'exclusion. L'étude de sol et son suivi deviennent des pièces de dossier assurance, pas seulement de dossier de chantier.

Exclusion possible

Maison autorisée depuis 2024 en zone d'exposition moyenne ou forte, règles ELAN méconnues

La garantie catastrophe naturelle peut être écartée pendant dix ans à compter de l'achèvement, quelle que soit la qualité de l'entretien ultérieur.

Ordonnance n° 2023-78 du 8 février 2023, codifiée à l'article L125-1 du code des assurances.

La date de référence est celle du dépôt de la demande d'autorisation d'urbanisme, pas celle de la signature du marché ni celle de l'achèvement. La frise se fait défiler horizontalement sur écran étroit.

Pour un acquéreur, la conséquence est directe : la présence de l'étude de sol et la preuve que ses prescriptions ont été suivies deviennent des pièces à réclamer avant la signature, au même titre que les attestations d'assurance. L'obligation elle-même est détaillée dans l'analyse de l'étude de sol rendue obligatoire par la loi ELAN en Île-de-France.

Pour un propriétaire déjà installé, l'exclusion ouvre au contraire une piste de recours contre le constructeur, puisqu'une maison rendue inassurable en catastrophe naturelle par manquement aux règles de conception pose une question de malfaçon et de garantie décennale distincte du dossier assurance.

Décoder la lettre de refus phrase par phrase

Les courriers de refus utilisent un vocabulaire stable, parce qu'ils reprennent les motifs types du rapport d'expertise. Chaque formule vise une condition légale précise et se renverse par une pièce précise. Lire la lettre comme un sommaire de ce qu'il faut produire fait gagner un cycle entier de correspondance.

Quatre formules récurrentes et ce qui les renverse

« Les mesures habituelles destinées à prévenir ces dommages n'ont pas été prises. »

Ce que ça viseLa troisième condition de l'article L125-1, dans sa formulation littérale. C'est le motif générique, souvent employé sans détailler quelle mesure aurait manqué.

Ce qui le renverseDemander par écrit quelle mesure précise est visée, puis produire la pièce correspondante. Un refus qui ne désigne aucune mesure identifiable est difficile à soutenir en discussion contradictoire.

« Le désordre présente un caractère évolutif antérieur à l'épisode invoqué. »

Ce que ça viseLa cause déterminante, deuxième condition. L'assureur soutient que la fissure progressait déjà et que l'épisode reconnu n'a joué aucun rôle décisif.

Ce qui le renverseRelevés de fissuromètre datés encadrant l'épisode, photographies avec réglet et horodatage, comparaison avec la chronologie de l'arrêté.

« Un défaut d'étanchéité des réseaux enterrés a concouru à la survenance du dommage. »

Ce que ça viseLa prévention et la causalité en même temps : la fuite devient la cause, et son absence de détection devient la carence.

Ce qui le renverseRapport de passage caméra postérieur au sinistre montrant l'intégrité du réseau, ou facture de reprise antérieure à l'épisode.

« La végétation à proximité immédiate constitue une cause étrangère à l'épisode de sécheresse. »

Ce que ça viseL'exclusion du lien de causalité avec l'agent naturel reconnu, en attribuant l'assèchement du sol au seul prélèvement racinaire.

Ce qui le renversePlan coté des distances, essence et hauteur des sujets, historique d'élagage, et avis technique sur la part respective du prélèvement et du déficit hydrique régional.

Chaque réponse gagne à être adressée en recommandé, en reprenant la formule exacte du courrier reçu avant d'y opposer la pièce.

Si le refus persiste après production des pièces, la voie suivante n'est plus documentaire mais technique : il faut opposer un avis qui discute le rapport de la compagnie sur son propre terrain. Les étapes et les délais de cette phase sont détaillés dans le mode d'emploi pour contester un refus d'indemnisation après une fissure.

Constituer le dossier de prévention avant d'en avoir besoin

La difficulté de cette condition tient à sa temporalité : elle se prouve avec des pièces créées avant le sinistre, alors qu'on n'en découvre l'existence qu'après. Un propriétaire en zone argileuse a donc intérêt à monter un dossier léger mais continu, qui coûte quelques dizaines d'euros par an et se résume à trois réflexes.

Le premier consiste à conserver systématiquement les factures d'entretien extérieur : élagage, curage de réseau, reprise de regard, nettoyage de gouttière. Le deuxième consiste à photographier deux fois par an, à date fixe, les mêmes points de la maison : pieds de descente, regards ouverts, façades, jardin. Le troisième consiste à relever les fissures existantes, même stabilisées, pour disposer d'une courbe et non d'un souvenir.

Ces trois réflexes ne suppriment pas le risque de refus, mais ils déplacent la discussion. Sans eux, le débat porte sur ce que le propriétaire n'a pas fait. Avec eux, il porte sur la cause du désordre, terrain sur lequel l'analyse du lien de causalité entre sécheresse et fissures et les mesures relevées sur place font toute la différence.

Sur le plan financier, l'ensemble reste sans commune mesure avec l'enjeu. Un dossier de prévention tenu pendant cinq ans coûte l'équivalent d'une demi-journée d'expertise, quand le refus qu'il permet d'éviter porte sur des travaux de reprise qui se chiffrent en dizaines de milliers d'euros. Les ordres de grandeur du poste expertise figurent dans le détail des tarifs d'une expertise fissure. Lorsque plusieurs maisons d'une même rue sont concernées, la constitution de ces pièces s'organise utilement à plusieurs, ce qui en réduit fortement le coût unitaire : les modalités figurent dans la méthode pour faire expertiser plusieurs maisons voisines ensemble.

Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

L'assureur peut-il refuser alors que la commune est reconnue en catastrophe naturelle ?

Oui, et c'est précisément le sens de l'article L125-1. L'arrêté interministériel établit l'intensité anormale de l'agent naturel pour la commune et pour une période donnée : il satisfait la deuxième des trois conditions légales, rien de plus. L'assureur reste fondé à discuter le caractère déterminant de l'épisode dans l'apparition de vos fissures, et à opposer l'absence de mesures habituelles de prévention. La reconnaissance ouvre le droit de déclarer dans les trente jours, pas le droit d'être indemnisé.

Les mesures habituelles incluent-elles des travaux de renforcement des fondations ?

Non. La jurisprudence vise ce qu'un propriétaire normalement diligent accomplit dans l'entretien courant de son bien : évacuer correctement les eaux pluviales, maintenir ses réseaux enterrés étanches, maîtriser la végétation proche, surveiller un désordre connu. Une reprise en sous-œuvre, une injection de résine ou la pose de micropieux relèvent de la réparation du dommage, pas de sa prévention. Aucun assureur ne peut sérieusement reprocher de ne pas avoir engagé des dizaines de milliers d'euros de confortement préventif.

Que faire si je n'ai conservé aucune facture d'entretien ?

Le dossier n'est pas perdu, mais il faut reconstituer. Les entreprises retrouvent souvent leurs interventions passées sur simple demande, les relevés bancaires datent les paiements, et les photographies personnelles horodatées, y compris celles prises à d'autres occasions, documentent l'état du jardin et des abords. La seconde branche du texte reste par ailleurs ouverte : établir que les mesures, même prises, n'auraient pas empêché la survenance du dommage, ce qui relève d'une analyse technique du sol et de l'ampleur du déficit hydrique.

L'arrêt du 12 février 2026 s'applique-t-il aux dossiers en cours ?

Un revirement de jurisprudence s'applique aux litiges non définitivement jugés, y compris ceux nés de sinistres antérieurs. Concrètement, un dossier en discussion amiable ou en cours devant une juridiction du fond se voit opposer la nouvelle répartition de la charge de la preuve. Cela plaide pour rassembler les pièces d'entretien sans attendre une demande formelle de l'assureur, et pour les verser spontanément à l'appui de la réclamation plutôt qu'en réaction à un refus.

Mon voisin a été indemnisé et moi non, pour la même rue et le même arrêté : est-ce normal ?

C'est possible, parce que les deux premières conditions sont communes à la rue mais que la troisième s'apprécie maison par maison. Une différence d'entretien des réseaux, un arbre planté à quatre mètres d'un côté et à douze de l'autre, une descente d'eaux pluviales non raccordée suffisent à justifier deux décisions opposées. Cela dit, un écart non expliqué entre deux dossiers voisins constitue un argument utile : demander la motivation détaillée et comparer les rapports d'expertise met souvent en évidence une appréciation contestable.

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