Un joint de rupture se matérialise concrètement par un espace continu, de quelques centimètres généralement, rempli d'un matériau compressible comme du polystyrène ou une mousse imprégnée, complété en façade par un joint souple assurant l'étanchéité tout en permettant le mouvement. Pour être efficace, ce joint doit être continu depuis les fondations jusqu'à la toiture, faute de quoi une liaison rigide subsistante à un seul niveau suffit à transmettre les mouvements différentiels d'une structure à l'autre.
La nécessité de ce joint apparaît clairement lorsqu'une extension est construite avec des fondations différentes, en profondeur ou en nature, de celles du bâtiment existant : sans désolidarisation, les deux structures réagissent différemment aux mouvements du sol et finissent par se fissurer exactement à leur point de jonction. Ce type de fissure est en général assez facile à diagnostiquer, car sa localisation précise à la jonction entre ancien et nouveau bâti, souvent verticale et régulière, oriente rapidement vers un défaut ou une absence de joint de rupture plutôt que vers un désordre plus profond touchant l'ensemble de la structure.
Mis à jour le 29 juillet 2026