Sécheresse 2025 : ce que changent les arrêtés catastrophe naturelle publiés en 2026 pour l'Île-de-France

2025 a été, pour la deuxième année consécutive, une année d'épisodes secs marqués sur une large partie du territoire francilien, avec les mêmes conséquences attendues sur les sols argileux : retrait, fissuration des façades, portes qui coincent. Contrairement à une reconnaissance groupée en une seule fois, la campagne administrative correspondant à cette sécheresse s'est étalée sur plusieurs arrêtés successifs publiés entre mai et juillet 2026.

Cet étalement dans le temps n'est pas anecdotique pour un propriétaire concerné : chaque arrêté ouvre son propre délai de déclaration, indépendamment des précédents, et une commune peut très bien ne pas figurer dans le premier texte pour apparaître - ou non - dans le suivant. Suivre uniquement le premier arrêté publié revient à se priver d'une partie de l'information utile.

Ce point d'actualité fait le bilan des trois arrêtés parus à ce jour, avec un focus sur ce qu'ils disent - et surtout ce qu'ils ne disent pas encore - pour les communes franciliennes.

Jardin pavillonnaire francilien en fin d’été, pelouse jaunie et sol argileux craquelé au pied d’une façade enduite, ciel dégagé de sécheresse, aucune personne dans le cadre
En bref

Où en est la reconnaissance de la sécheresse 2025 en Île-de-France après les arrêtés publiés en 2026 ?

Trois arrêtés se sont succédé en 2026 pour solder la campagne sécheresse 2025 : celui du 11 mai (213 communes), celui du 12 juin (183 communes) et celui du 10 juillet (56 communes), soit 452 communes reconnues au niveau national sur ces trois seuls textes. L'Île-de-France y figure, mais de façon marginale : sur l'arrêté du 11 mai 2026, les Yvelines n'ont vu qu'une seule commune reconnue sur treize examinées, et aucune des vingt-trois demandes instruites en Seine-et-Marne, dans l'Essonne et dans le Val-d'Oise n'a été retenue. Le délai de déclaration à l'assurance reste de trente jours à compter de la publication de chaque arrêté, quelle que soit l'ancienneté du désordre, ce qui rend la préparation du dossier plus urgente que la lecture du texte lui-même. Le mode d'emploi complet de cette déclaration figure dans le guide de l'assurance fissure catastrophe naturelle.

Trois arrêtés en quatre mois pour solder la campagne 2025

Le calendrier des reconnaissances 2025 s'est construit par vagues successives. Une première vague le 11 mai 2026 a reconnu 213 communes au niveau national, suivie d'une deuxième le 12 juin 2026 avec 183 communes supplémentaires, puis d'une troisième et plus modeste le 10 juillet 2026 avec 56 communes. Le mouvement de retrait-gonflement des argiles consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols reste, sur l'ensemble de ces textes, le phénomène qui concentre le plus grand nombre de communes reconnues, loin devant les autres périls examinés.

Sol argileux fissuré et craquelé le long du soubassement d'un pavillon francilien en fin d'été, végétation jaunie en arrière-plan, aucune personne dans le cadre
Le retrait du sol qui a produit ces désordres date de l'été 2025 : la reconnaissance administrative, elle, s'est étalée jusqu'à l'été suivant.

Cumul national des communes reconnues sur les trois arrêtés de la campagne 2025

11 mai 2026 : +213, cumul 213 213 11 mai 2026 +21312 juin 2026 : +183, cumul 396 396 12 juin 2026 +18310 juillet 2026 : +56, cumul 452 452 10 juillet 2026 +56

Arrêtés interministériels portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle des 11 mai, 12 juin et 10 juillet 2026, publiés au Journal officiel.

Le rythme des reconnaissances ralentit d'un arrêté à l'autre, signe que la campagne 2025 touche à sa phase de clôture plutôt qu'à son démarrage.

Ce total de 452 communes ne concerne qu'une partie des demandes déposées au niveau national : chaque arrêté rejette également un nombre important de communes, dont l'écart avec les communes reconnues constitue en soi une donnée utile pour situer une demande en cours.

L'Île-de-France, présente dans les textes mais largement absente des listes

L'arrêté du 11 mai 2026 offre la première vue chiffrée de la position francilienne dans cette campagne. Sur les demandes instruites pour quatre départements de la région, le résultat est net : une seule commune reconnue, dans les Yvelines, sur treize communes examinées dans ce département. Aucune des demandes de Seine-et-Marne, de l'Essonne et du Val-d'Oise n'a été retenue sur ce texte.

Communes reconnues et rejetées par département francilien, arrêté du 11 mai 2026

Yvelines (78) — reconnues : 1 1 Yvelines (78) — rejetées : 12 12 Yvelines (78)Seine-et-Marne (77) — reconnues : 0 0 Seine-et-Marne (77) — rejetées : 12 12 Seine-et-Marne (77)Essonne (91) — reconnues : 0 0 Essonne (91) — rejetées : 11 11 Essonne (91)Val-d'Oise (95) — reconnues : 0 0 Val-d'Oise (95) — rejetées : 12 12 Val-d'Oise (95)
Reconnues Rejetées

Arrêté du 11 mai 2026 portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle, publié au Journal officiel du 14 mai 2026.

Un écart qui confirme, sur cette campagne comme sur les précédentes, la difficulté récurrente des communes franciliennes à obtenir une reconnaissance en catastrophe naturelle sécheresse.

Cet écart entre l'exposition réelle des sols franciliens au retrait-gonflement des argiles et le taux de reconnaissance obtenu n'est pas propre à cette campagne : il prolonge une tendance déjà documentée sur plusieurs années, décrite dans l'analyse de la reconnaissance en catastrophe naturelle par département francilien. Les deux arrêtés suivants, en juin et en juillet, n'ont pas inversé cette proportion de façon significative pour la région.

Ce que change (et ne change pas) une reconnaissance en 2026 pour un désordre apparu en 2025

Une reconnaissance publiée en 2026 pour un épisode de sécheresse survenu en 2025 s'applique pleinement, sans condition d'ancienneté du désordre au moment de la publication. Le délai de déclaration à l'assurance court à compter de la date de publication de l'arrêté au Journal officiel, et non à compter de la date d'apparition de la fissure, ce qui explique qu'un désordre vieux de plusieurs mois puisse encore ouvrir droit à indemnisation dès la parution du texte.

Enveloppe de courrier recommandé avec accusé de réception posée sur un dossier de sinistre sécheresse contenant des photographies de fissures, sur une table en bois, aucune personne dans le cadre
Trente jours suffisent rarement à constituer un dossier complet : mieux vaut préparer les pièces avant la publication de l'arrêté que pendant le délai.

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Le délai de déclaration à l'assurance est de trente jours à compter de la publication de l'arrêté au Journal officiel, quelle que soit l'ancienneté du désordre. Passé ce délai, la déclaration peut être jugée tardive et fragiliser le dossier, indépendamment du bien-fondé du sinistre lui-même.

Ce que la reconnaissance ne change pas non plus, c'est le montant de la franchise applicable en catastrophe naturelle, ni la nécessité de démontrer le lien de causalité entre le désordre constaté et le phénomène de sécheresse : la reconnaissance ouvre un droit à indemnisation, elle ne dispense pas de justifier techniquement le sinistre. Le détail des postes intégrés à ce chiffrage figure dans la décomposition des tarifs d'une expertise fissure.

Pour les communes toujours non reconnues, la procédure ne s'arrête pas là

Une commune rejetée sur l'arrêté du 11 mai 2026 n'est pas nécessairement rejetée de façon définitive pour l'épisode 2025 : une nouvelle demande communale, appuyée sur des éléments techniques complémentaires, peut être déposée et examinée lors d'un arrêté ultérieur.

Façade d une mairie de commune francilienne de taille moyenne, drapeaux français et européen, panneau d affichage municipal visible sans texte lisible, aucune personne dans le cadre
C est la commune, et non le propriétaire, qui dépose la demande de reconnaissance en catastrophe naturelle auprès de la préfecture.
ArrêtéDate de publicationCommunes reconnues (national)
Premier arrêté14 mai 2026213
Deuxième arrêté13 juin 2026183
Troisième arrêté17 juillet 202656

La marche à suivre pour appuyer une nouvelle demande communale, ainsi que les autres fondements de responsabilité mobilisables en l'absence de reconnaissance, sont détaillés dans le mode d'emploi consacré à la commune non reconnue en catastrophe naturelle.

Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

Pourquoi la sécheresse 2025 fait-elle l'objet de plusieurs arrêtés plutôt que d'un seul ?

Les demandes communales ne sont pas toutes instruites au même rythme, et certaines commissions départementales transmettent leurs dossiers plus tardivement que d'autres. L'administration publie les arrêtés par vagues successives au fur et à mesure de l'instruction, plutôt que d'attendre que l'ensemble des dossiers nationaux soit traité, ce qui explique l'étalement entre mai et juillet 2026 pour la seule campagne 2025.

Ma commune a été rejetée sur l'arrêté de mai, dois-je abandonner ?

Non. Un rejet sur un arrêté donné ne clôture pas définitivement la possibilité de reconnaissance pour le même épisode. Une nouvelle demande communale, appuyée sur des éléments techniques renforcés, peut être examinée lors d'un arrêté ultérieur, ce qui rend utile la poursuite du signalement des désordres auprès de la mairie.

Le délai de trente jours court-il depuis l'apparition de ma fissure ou depuis l'arrêté ?

Depuis la publication de l'arrêté au Journal officiel, et non depuis l'apparition du désordre. Une fissure constatée dès l'été 2025 mais dont la commune n'est reconnue qu'en juillet 2026 ouvre un délai de déclaration de trente jours à compter de cette dernière date, pas de la précédente.

Pourquoi l'Île-de-France obtient-elle si peu de reconnaissances par rapport à son exposition au retrait-gonflement des argiles ?

L'écart entre exposition réelle des sols et taux de reconnaissance tient en partie à la nature de l'instruction, qui s'appuie sur des critères météorologiques régionaux parfois peu sensibles aux variations locales, et en partie à l'activité même des communes en matière de dépôt de demande. Une commune qui ne documente pas ses sinistres a statistiquement moins de chances d'être reconnue, indépendamment de son exposition géologique réelle.

Faut-il attendre la reconnaissance de ma commune avant de faire constater mes fissures ?

Non, c'est même l'inverse qui est recommandé. Faire caractériser le désordre avant toute reconnaissance permet de dater précisément son apparition et de documenter son évolution, ce qui renforce le dossier le jour où l'arrêté est publié, plutôt que de découvrir cette nécessité une fois le délai de trente jours déjà entamé.

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